San Vincent Ferrier

Prière du Père LE CORGUILLE

Il n’ira pas  plus loin. A la proue du vieux monde
La mer arrête enfin ses pas de précurseur.
S’il veut pousser plus loin sa course vagabonde,
Il ne lui reste plus qu’à héler le passeur.

« L’Ange du jugement » a posé sa trompette,
Et l’écho de sa voix roule dans le lointain.
Dès lors qu’il a joué son rôle de prophète,
Maître Vincent n’est plus qu’un vieux Dominicain.

Lui qui a fait marcher tant de paralytiques,
Il se traîne à présent ; sa jambe lui fait mal.
Il a traité son corps plus mal que sa bourrique.
Qu’il soit tout délabré, après tout, c’est normal.

A Vannes où le voilà, où le Duc Jean l’appelle,
Il sait que ce sera son dernier rendez-vous.
Oh ! Rencontrer enfin ce Dieu qui l’interpelle
En l’extase de nuit que jamais il n’avoue.

Vincent nous quitte enfin, par un soir de printemps,
Mais, au dernier moment, il nous confie ceci :
« Je suis votre avocat jusqu’à la fin des temps ».
Vincent, notre Patron, nous te disons : "Merci !"


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